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Paris, les JO 2024 devraient générer près de 150000 emplois…

Les organisateurs des Jeux olympiques de Paris annoncent une volonté affichée de ne laisser personne en chemin, ni les demandeurs d’emploi, ni les petites entreprises, ni les habitants de l’Ile-de-France…

 

Définir les types d’emploi qui seront utiles à l’organisation des Jeux olympiques et paralympiques. Anticiper les besoins afin de former les personnes. Accompagner les PME, les entreprises de l’économie sociale et solidaire afin qu’elles ne soient pas les oubliées des Jeux et qu’elles puissent avoir la capacité de répondre aux centaines d’appels d’offres qui seront lancés,pour un montant total évalué à 5 milliards d’euros… Paris 2024 s’était engagé à proposer « un nouveau modèle de Jeux », « plus inclusifs, plus solidaires » comme l’avait rappelé Tony Estanguet, le président du comité d’organisation (COJO). Le voilà entré dans le vif du sujet.

S’appuyant sur la charte sociale signée en juin 2018 avec les organisations nationales de salariés et d’employeurs, le Cojo présente la cartographie des emplois directement mobilisés par les Jeux. La fourchette estimée en phase de candidature (entre 119 000 et 247 000 emplois directs et indirects) a été affinée (on ne parle désormais plus que d’emplois directs), la période étudiée raccourcie.

 

 

 

Dispositifs et formations innovantes

Au final, ce sont 150 000 emplois qui seront utiles à la réussite des JO : 78 300 dans le secteur de l’organisation (avec une montée en puissance en 2021), 60 000 dans le tourisme (pour la plupart en 2024) et 11 700 dans la construction (essentiellement entre 2021 et 2023).

Laisser une trace sportive mais aussi sociale

« On va faire quelque chose d’inédit, assure la ministre du Travail, Muriel Pénicaud. On va favoriser la formation, l’insertion des jeunes, l’emploi local, on a l’opportunité de mêler l’excellence sportive et la valeur sociale dans un même événement. »

Paris 2024 se veut innovant, ambitieux. « Une telle étude à cinq ans de l’événement, ça n’a jamais été fait », rappelle Tony Estanguet. Elle veut aussi laisser une trace sportive, bien sûr, mais aussi sociale.

L’idée étant que ce modèle d’insertion et de formation soit dupliqué lors des grands événements que la France sera amenée à organiser. Pour cela, Paris 2024 ne devra pas décevoir. C’est l’enjeu de ces 5 prochaines années.

 

Valérie Pécresse annonce la mise en place de formations spécifiques pour permettre aux Franciliens de profiter des 150 000 emplois promis pour les JO de Paris.

 

« Une super direction des ressources humaines. » C’est ainsi que Valérie Pécresse définit le rôle de la région pour prendre le train de l’emploi lié aux JO en marche. « On va mettre en place les formations nécessaires afin de permettre l’orientation des jeunes et des demandeurs d’emploi vers les métiers dans lesquels il y aura de la tension et des besoins pour les JO », explique la présidente du conseil régional. Métiers du sport, du tourisme, des infrastructures et des transports sont visés. Ce jeudi, Valérie Pécresse signera d’ailleurs avec Muriel Pénicaud, la ministre du Travail, le « plan d’investissement et des compétences », avec à la clé 250 millions d’euros (M€) par an pour la formation des demandeurs des emplois dans les métiers en tension.

Qioz pour apprendre les langues. Développée par la start-up English Attack, l’application permettra aux Franciliens d’apprendre l’anglais, l’allemand, le Français et l’espagnol. « Une méthode très pédagogique et ludique qui mêle l’écrit et l’oral permettra à chaque Francilien, quels que soient son âge et son niveau, de progresser. L’idée est de faire gagner 2 niveaux de langue à chaque utilisateur et de faire de l’Ile-de-France une région monde. »

Oriane.info, pour mettre en relation les demandeurs d’emploi avec les métiers qui vont se créer. « Au-delà de ce que fera Pôle emploi, l’idée est de cibler les personnes en fonction de leurs compétences afin de les amener vers les nouveaux métiers des JO. La plate-forme géolocalisée sera à disposition des lycéens, des demandeurs d’emploi, des salariés (avec chacun une application spécifique) et leur indiquera quels métiers recrutent près de chez eux et quelles sont les formations adaptées. Tous les métiers des JO seront référencés.

Un partenariat avec les start-up pour dénicher les talents. « L’idée est de mettre en relation les personnes en recherche d’emploi avec les entreprises qui recrutent dans les métiers du sport, de l’événementiel, du tourisme, de la construction d’infrastructures. »

Les stagiaires de 3e futurs bénévoles. « Dès avril, nous lançons la première promotion de stagiaires de 3e spéciale volontaires JO. Des classes de 3e, seront formées chaque année pendant une semaine. Ces jeunes de 15 ans auront 20 ans en 2024. Ils seront formés par le comité régional du tourisme aux métiers du tourisme et de l’accueil. On leur présentera le Cojo, les sites olympiques et on leur remettra un diplôme. »

 

 

Article de SANDRINE LEFÈVRE (AVRIL 2019)