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Arabie Saoudite: comment  s’intégrer sur le marché du travail

« Malgré les conflits qui enflamment certains des pays voisins et des cours du pétrole en forte baisse, l’Arabie Saoudite reste le plus riche des pays arabes et la première puissance de la région. Un incontournable pour lequel il convient de bien se préparer avant d’y envisager son intégration professionnelle.

La confiance, base de la relation avec les Saoudiens

La monarchie saoudienne repose sur un mode de fonctionnement tribal et pyramidal. Elle concentre à travers tous ses liens personnels les pouvoirs exécutif, législatif, administratif et financier…

La religion est omniprésente en Arabie Saoudite. La dimension collectiviste de la culture saoudienne est d’ailleurs centrée sur l’Islam. La classe dominante, appelés les puissants, met ainsi en place un système collectiviste afin de redistribuer à tous les croyants des biens et des richesses.

Collaborer avec les Saoudiens implique donc à la fois un sens du protocole, une disponibilité forte, une patience et une présence continue, indispensables pour entretenir une relation individuelle qui sera à la base de vos rapports professionnels. Accéder aux personnes décisionnaires suppose de se constituer un réseau par le biais d’intermédiaires influents « wasit », et/ou de s’associer à un sponsor obligatoire « kafil »proche du pouvoir.

Un management vertical et autoritaire

Le management se caractérise par des rapports hiérarchiques très stricts. Le respect des supérieurs est plus important que la prise d’initiative. La culture du chef est totale notamment dans le processus de décision, qui peut être parfois prise de manière unilatérale et sans explication.

L’inégalité entre ceux qui commandent et ceux qui obéissent est communément admise et semble naturelle, même si elle est de plus en plus remise en cause par une partie de la population, la plus démunie. Les Saoudiens sont très attachés aux symboles du pouvoir et aux statuts sociaux.

Une main d’œuvre multiculturelle et hiérarchisée

Contrairement aux autres monarchies du Golfe, les Saoudiens sont majoritaires dans leur pays : environ 75 % de la population. Toutefois ils sont principalement employés dans la sphère publique et rechignent à occuper des postes subalternes notamment dans le secteur privé.

La bonne marche du pays dépend d’une importante main d’œuvre immigrée. Très cosmopolite mais aussi très discriminante : les fonctions de direction sont pour les populations issues du monde occidental, les postes intermédiaires sont généralement attribués à des ressortissants du Proche-Orient tandis que la main-d’œuvre venue du sous-continent indien et d’Asie se voit attribuer les postes les moins qualifiés.

Une politique de « saoudisation »  est mise en œuvre par le ministère du travail pour employer en priorité des Saoudiens dans les entreprises privées de plus de dix salariés et répondre ainsi au fort taux de chômage des jeunes (40 % pour les hommes entre 20 et 24 ans et 70 % pour les femmes de cette même classe d’âge), d’où un afflux très fort des jeunes filles sur le marché du travail.

Les relations entre les différents partenaires du monde du travail sont des relations de client et prestataires étrangers, respectueuses mais sans dimension affective qui supposent souvent de se soumettre à leurs exigences.

Rapport au temps

L’islam a, là encore, une forte influence sur le rapport au temps des Saoudiens : cinq fois par jour, le pays s’arrête.

Les Saoudiens prêtent également beaucoup d’attention à la famille, ne la négligeant jamais pour cause de budget ou de planning trop chargé.

Cette dilatation du temps peut avoir des conséquences dans le travail quotidien et suppose la mise en place de processus de contrôle et de validation permanent pour tenir les délais et les engagements contractuels. »

Autre destination : Les Pays-Bas, le royaume de la force tranquille

« Avec une balance commerciale excédentaire, les Pays-Bas ont traversé la crise de 2008 avec plus de solidité que la plupart de ses partenaires européens, sans pour autant afficher la bonne santé économique de l’Allemagne. Attention toutefois à l’emballement : s’il est opportun de travailler avec les Néerlandais, il convient de bien se préparer !

Une communication directe et informelle

Les Néerlandais apprécient en général un style de communication direct, informel et qui va droit au but (recht door zee). Le pathos et l’affect, typiquement latins, sont plutôt perçus comme un manque de professionnalisme et une perte de temps. Les compliments et critiques sont généralement exprimés de manière franche et directe. La critique ne vise pas la personne, mais plutôt l’action engagée. La franchise est perçue comme preuve d’efficacité et d’honnêteté.

Pour obtenir des informations sur l’avancée d’une affaire, il faut simplement en faire la demande. Informations et échanges sont généralement réguliers et transparents.

En réunion, il faut être prêt à répondre à des questions explicites et précises et à expliquer toute proposition dans les détails.

S’agissant d’une négociation, il faut savoir que les Néerlandais apprécient la concision, il faut donc entrer immédiatement dans le vif du sujet (après une intro rapide, le temps de boire un café). Présentez alors votre produit ou projet sans détour, de façon claire et évitez les argumentations trop abstraites, conceptuelles, voire intellectualistes.

Un rapport à la hiérarchie inspiré du calvinisme

Aux Pays-Bas, le rapport au pouvoir et à la hiérarchie est pragmatique et égalitaire, que ce soit dans les rapports sociaux ou professionnels. Un héritage du calvinisme en somme.

La place de chacun dans l’organisation est structurée et respectée, tout comme le pouvoir de décision personnel, qui en négociation est souvent plus large que celui des partenaires français.

Il est en général difficile d’imposer quelque chose à quelqu’un (approche top-down), on préfère de longues discussions (overlegcultuur). Expliquer est considéré comme une manière efficace d’agir car cela permet d’avancer vers le consensus. Si celui-ci se révèle impossible à trouver, ce sera alors le compromis qui unira les différentes parties. Ce mode de fonctionnement peut rallonger le temps de la prise de décision… mais il a l’avantage de générer des solutions soutenues par une large base, qui pourront être appliquées d’autant plus facilement.

Le conflit n’est pas considéré comme une manière constructive de stimuler le débat pour éventuellement faire avancer les choses, comme c’est le cas en France. Les Néerlandais préfèrent l’éviter. En atteste, par exemple, les négociations salariales : la grève ne sont vraiment que l’ultime recours, on discute d’abord et on avance pas à pas vers l’inéluctable compromis.

Cette approche pragmatique et égalitaire est symbolisée par le fameux poldermodel, ce modèle de concertation et de prise de décision typiquement néerlandais. Bien que régulièrement qualifiée de « syndrome de réunionite » et accusée de favoriser un « nivellement par le bas », cette caractéristique culturelle est malgré tout encore solidement ancrée dans les mœurs politiques, sociales et professionnelles. Tout interlocuteur étranger impliqué dans les affaires avec des Néerlandais y sera confronté de près ou de loin.

Gestion du temps : à vos agendas !

Le rapport au temps est, lui aussi, direct et pragmatique. Les Néerlandais préfèrent une organisation et une planification strictes des évènements et du déroulement de la journée de travail. La ponctualité est bien entendu de rigueur : horaires, délais et rendez-vous professionnels, mais aussi privés, sont scrupuleusement respectés. En réunion, on apprécie un ordre du jour suivi à la lettre, sans trop de digression ou d’improvisation. Cela peut déboucher sur un certain manque de flexibilité, voire de créativité. La confiance en affaires se gagne par la ponctualité et le respect des engagements pris, cela procure fiabilité et crédibilité. Au quotidien, on apprécie les promesses tenues. Attention en effet : une promesse même orale a force d’engagement réel ! On dit communément afspraak is afspraak: ce qui est convenu est convenu.

France – Pays-Bas : si proche et si différents ?

Quelques expressions populaires nous renseignent sur la perception qu’ont les Néerlandais de l’Hexagone… Ainsi de « Met de Franse slag » : faire quelque chose « à la française », c’est-à-dire… le faire mal, avec cette notion de système D plutôt mal vue aux Pays-Bas.

Ou encore « Leven als God in Frankrijk » : vivre comme Dieu en France, expression en fait d’origine allemande, mais que les Néerlandais aiment bien employer pour décrire un style de vie, une joie de vivre si (stéréo)typiquement française. Mais en réalité, on s’en méfie car si c’est bon pour les vacances (France, vacances, romance), ce n’est pas très sérieux pour les affaires !

Enfin il est un malentendu qu’il convient dissiper avant de travailler avec des Néerlandais. S’il est vrai qu’ils sont dans leur majorité tolérants et libéraux par rapport à certaines valeurs (drogues douces, prostitution, mariage pour tous, euthanasie), ils sont aussi très individualistes et indifférents les uns envers les autre. Ainsi ont-ils accueilli au cours des siècles des riches immigrés tels les juifs portugais (le philosophe Spinoza en est un exemple), ou des intellectuels en quête d’un refuge (tel le philosophe Descartes), ou encore des nobles français fuyant la Révolution, voire d’habiles artisans tels que les Huguenots, mais depuis quelques années, le masque est tombé face à l’afflux de migrants et de réfugiés plus pauvres. Ils ne sont en fait pas plus ouverts aux autres que leurs voisins, un constat largement exploité à l’heure actuelle par les acteurs politiques populistes.

Le fiets (vélo), c’est CHIC !

Le vélo et son usage intensif aux Pays-Bas représentent en effet un raccourci des mœurs et comportement des Néerlandais. Il est ancré dans le quotidien, le moyen de transport privilégié de 2 à 88 ans, constitue un sport national et beaucoup de Néerlandais en possèdent plus d’un. Donc le vélo c’est CHIC (en anglais) car l’utiliser c’est :

Clean, propre pour l’environnement si fragile aux Pays-Bas

Healty, sain pour la santé à tout âge

Individualistic, individuel, on se déplace de A à B sans trop d’obstacles, on se comporte souvent comme le roi de la route, et finalement :

Cheap, pas cher, oh combien important pour le Néerlandais (calviniste) et un peu près de ses sous… »

Angleterre : les « do’s and don’t »

« Quand on parle de l’Angleterre, ou plutôt du Royaume-Uni, attention à ne pas tomber dans le « piège de la proximité « . Londres a beau être à quelques heures de train de Paris, le dépaysement est total pour un Français qui souhaite s’installer outre-Manche. Zoom sur les méthodes de travail britannique avant de traverser le Channel.

 Ponctuality = morality

Les Anglais donnent au temps une valeur essentielle : les emplois du temps sont généralement respectés, les projets sont livrés dans les délais prévus et les interruptions sont peu appréciées. Les réunions commencent à l’heure et suivent un ordre de jour préétabli.  Ainsi, il est préférable de ne pas fixer de date butoir si l’on n’est pas sûr de la respecter. Et pour une réunion : entrez dans une pièce alors que celle-ci a déjà commencé et vous serez reçu « like a hair on the soup » !

« Would you like to … ? »

La communication anglaise, y compris dans le milieu professionnel, est discrète et énigmatique. La politesse anglaise exige égards et distances. Dans ces circonstances, il serait trop abrupte et invasif des donner des ordres directs. Si votre chef vous demande si vous aimeriez faire quelque chose, ceci n’est pas une question, c’est un ordre et il doit être respecté. Si vous voulez donner un ordre à un de vos coéquipiers, demandez-lui si cela ne le gênerait pas de le faire et il le fera. Si vous le lui dites directement… il ira boire une tasse de thé !

The efficient manager

De culture latine, la France privilégie le respect des supérieurs à l’harmonie ou la prise d’initiative, contrairement à l’Angleterre.

Un manager efficace en France est le capitaine d’un vaisseau : il dirige son équipe et prend les décisions seul. Plutôt formel, il est souvent capable de faire de longs discours, montrant son érudition et son éducation. Le plus souvent, c’est un spécialiste dans son domaine plutôt qu’un manager du métier.

En Angleterre, le manager efficace est plutôt un coach, informel, qui cherche à créer une harmonie dans son équipe pour que tous jouent le jeu le mieux possible ensemble. Pas de grands discours, la communication est concise. Il attend de ses employés de se mettre rapidement en action et, en conséquence, accepte beaucoup plus facilement l’erreur qu’un manager français. Il manifestera aussi sa reconnaissance mais sans beaucoup d’effusion.

Pour les Anglais, le travail est avant tout un lieu de démocratie.  Les idées de « fairness » et d’harmonie sont primordiales dans la prise de décision : un manager anglais cherchera le consensus et consultera ses collègues avant de prendre une décision.

Au pub : « This round’s on me ! »

Si les Anglais sont discrets au travail, ils le seront nettement moins en dehors, dans un pub.  D’après la sociologue anglais Kate Fox : « L’importance du pub dans la culture anglaise ne peut pas être sous-estimée […] Ils sont fréquentés par toute classe sociales, tout âge et tout métier. »  Allez-y donc rejoindre vos collègues anglais qui discuteront plus facilement sans les contraintes de la vie quotidienne et avec une bière à la main. Le chef direct se joindra souvent à son équipe. Par contre, au bureau le lendemain, ne soyez ni surpris ni déçu de retrouver l’atmosphère habituelle.

« I’m sorry she’s in a meeting at the moment. »

Pour travailler en Angleterre il est important de connaitre les règles implicites des meetings. Il y a un comportement à respecter : les réunions commencent à l’heure, il n’est pas accepté de travailler sur son ordinateur ou son téléphone pendant la réunion, les gens parlent les uns après les autres, sans apartés. Il n’est donc pas rare que les Anglais soient souvent injoignables car en réunion.

Le but de la réunion n’est pas de débattre, comme c’est souvent le cas en France, mais de suivre un processus pour passer à l’action et atteindre des buts précis. Elle se finit souvent avec un plan d’action.  Une grande différence est à noter : en Angleterre, le conflit et la critique n’ont jamais (jamais !) leur place en réunion, cela se règle toujours (toujours !) en dehors.

Jouez « fairplay »

Outre-Manche, les affaires sont frappées des sceaux de la démocratie et du « fairplay ».  Voici quelques petits conseils qui pourraient faire une grande différence dans vos rapports professionnels.

– Comprenez qu’une atmosphère informelle n’indique pas un manque de sérieux.

– Privilégiez toujours les accords « win-win ».

– Ne serrez la main qu’à la première rencontre, pas tous les jours.

– Évitez toute démonstration excessive d’émotions.

– Ne confondez surtout pas Britanniques avec Anglais.

– Laissez vos collaborateurs travailler en toute indépendance.

– Abstenez-vous de toute critique devant d’autres personnes.

– Faites très attention en essayant d’utiliser l’humour anglais. »

 

Outre-atlantique: Le Canada : comment s’intégrer sur le marché du travail

« Sur le plan professionnel, l’expérience que vous rencontrerez au Canada variera grandement selon que vous êtes dans la partie francophone (Québec principalement, mais également Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse, Ontario…), ou anglophone. Découvrez les conseils de Terres Neuves pour vous adapter à cet environnement de travail.

Grand par sa superficie, mais relativement petit par sa population, le Canada est l’une des nations les plus urbanisées au monde : 80 % des 35 millions de Canadiens habitent dans les villes au Sud du pays, à moins de 100 kilomètres des États-Unis. Le Canada possède une économie diversifiée et dynamique, notamment grâce à l’exploitation des sables bitumineux (deuxième réserve pétrolière au monde après l’Arabie Saoudite). C’est le premier partenaire commercial des États-Unis et une porte d’entrée pour le grand marché de l’ALENA. Le taux de chômage est de 6,8 % et de nombreux secteurs peinent à recruter, ce qui explique en partie l’attractivité du pays.

Une hiérarchie plus plate, ouverte au dialogue

Au Canada, la distance hiérarchique entre les personnes est réduite au minimum et les classes sociales sont moins marquées que dans d’autres sociétés. Les hommes d’affaires et responsables canadiens, même de haut niveau, restent généralement simples et abordables. De nombreuses entreprises canadiennes ont adopté des structures hiérarchiques des plus plates : le responsable est celui qui a la plus grande capacité à gérer la « ressource » que représente l’équipe et pas nécessairement le plus ancien ou le plus qualifié techniquement. Cependant, même souple et peu formelle, la structure hiérarchique existe et doit être scrupuleusement respectée.

Au Canada, les femmes sont très nombreuses aux postes à hautes responsabilités et ne s’attendent donc pas à des marques de politesse particulières qui ne s’appliqueraient pas envers leurs collègues masculins.

Enfin, en raison, notamment, du multiculturalisme, la société canadienne privilégie le dialogue et l’ouverture aux affrontements : recherche du consensus et règlement des conflits sont fondamentaux.

La ponctualité comme marque de respect

Les Canadien ne sont pas obsédés par le concept  « le temps c’est de l’argent ». Les rapports humains et l’établissement de relations de confiance sont privilégiés. Toutefois, la ponctualité est considérée comme une marque de respect : il est mal vu d’être en retard à un rendez-vous, d’ordre privé ou professionnel, même de quelques minutes.

Les horaires sont très respectés, même pour les cadres. Les horaires applicables sont, pour la plupart des entreprises, dans une tranche horaire comprise entre 8 heures et 17 heures. Et à 17 heures tout le monde s’en va ! Mais il faut déjeuner vite…

Les Canadiens aiment l’action, moins la discussion

Au Canada, comme aux États-Unis, les réunions sont plutôt  informelles et décontractées mais généralement bien organisées et de courte durée. Les Canadiens n’aiment pas perdre leur temps : le small talk est limité.

Le fonctionnement est démocratique : chacun peut s’exprimer et on attend des participants d’être bien préparés. Les résultats obtenus ou les objectifs à atteindre sont plus importants que les explications sur la procédure suivie ou un argumentaire détaillé.

La prise de décision n’est jamais précipitée et généralement prise sur la base de faits plutôt que sur des intuitions ou des hypothèses non vérifiables. Les Canadiens sont très rationnels, logiques et consensuels. Ils se laissent rarement emporter par les émotions. La confrontation ouverte d’opinions tend à les rendre mal à l’aise. Même les interruptions sont généralement mal vues et considérées comme impolies. Pour autant, pragmatisme et sens de l’humour sont des qualités appréciées par les Canadiens lors de réunions.

Les négociations de contrats et les prises de décisions sont relativement rapides. Les contrats sont en général plus synthétiques que dans les pratiques européennes et le recours aux avocats plus systématique.

La confiance et le travail d’équipe

Le travail en équipe est très valorisé au Canada. Le chef d’équipe donne des instructions générales et laisse une grande autonomie à son équipe. La fonction de chef est fonctionnelle, elle permet la coordination du travail pour une meilleure efficacité. Le chef anime et le groupe tente de co-construire une solution. C’est un modèle plus participatif qu’en France : un suivi permanent par le chef est perçu  comme une ingérence ou même comme un manque de confiance dans les capacités des membres de l’équipe.

Comme les Canadiens accordent moins d’importance aux relations personnelles dans le lieu de travail que d’autres cultures, les équipes sont en mesure d’être formées et dissoutes assez rapidement et relativement facilement.

Quelques derniers conseils

Dans le monde des affaires, l’apparence de familiarité peut être dangereuse car pour les Canadiens, business is business.

Culture du risque et esprit d’entreprendre font partie au Canada d’un système de valeur fort et partagé, d’un mode de vie et de pensée qui s’explique par l’histoire des Canadiens, peuple pionnier.

Les Canadiens sont toujours avenants dans leur approche lorsqu’ils entrent en contact avec vous. Mais attention, s’il y a peu de formalisme, il y a un grand respect des règles établies.

Au Canada, il préférable d’éviter une sophistication excessive de la mise vestimentaire au travail.

Le « politiquement correct » est très respecté dans la société et en entreprise.

La diversité culturelle est reconnue et respectée.

Il y a peu de formalisme et le protocole est limité mais la poignée de main est importante au Canada. C’est un signe de bienvenue, d’amitié et de confiance.

Un mode de communication facile, franc et direct. Loin d’avoir l’approche latine des Français, les Canadiens sont directs, ponctuels, vont droit au but, s’amusent ensuite. »

 

Singapour : choc des cultures dans un environnement à tendance chinoise

« Pour la huitième année consécutive, Singapour a été élu premier pays au monde pour la facilité à y faire des affaires, le résultat d’efforts constants du gouvernement pour créer un climat favorable au business.

Surnommée la Suisse de l’Asie, Singapour est réputée pour sa propreté, sa sécurité, ses espaces verts. Son économie saine et florissante la classe au 3e rang mondial en termes de PIB par habitant. Cette cité-état de 5,4 millions d’habitants, au régime de démocratie autoritaire très policée est gérée comme une entreprise où censure et contrôles sont omniprésents. Le chômage y est inexistant et les salaires relativement élevés.

Considérée comme un paradis fiscal, elle est un lieu d’implantation idéal pour bon nombre de sièges régionaux. Plus de 600 entreprises françaises y ont élu domicile. Carrefour stratégique sur la carte géopolitique de l’Asie, le port singapourien de conteneurs dépasse Hong Kong et rivalise avec Shanghai. La cité-Etat pratique toutefois une politique d’immigration très sélective : un visa de travail est indispensable pour tout non-résident qui souhaiterait travailler à Singapour.

Société pluriethnique et culture chinoise prédominante

Singapour se trouve au croisement de trois zones culturelles : chinoise, indienne et islamique. Ces trois influences ont imprégné la mentalité et les comportements sociaux des résidents. Les autorités accordent une importance capitale à la cohésion sociale de cette société multiculturelle et multiconfessionnelle. Cependant des tensions sous-jacentes subsistent entre les communautés et minorités qui se sentent souvent méprisées par les Chinois, groupe ethnique des trois quarts des Singapouriens.

C’est donc la culture chinoise qui prédomine. On retrouve toutes les caractéristiques confucéennes du monde chinois du travail : l’harmonie sociale, l’importance de la « face », une hiérarchie très marquée, le respect du pouvoir et l’influence des « Guanxi » (réseaux de relations professionnelles). Les traditions ancestrales telles le culte des ancêtres et les superstitions sont également très présentes. La nature collective très marquée de la société singapourienne fait primer l’intérêt du groupe sur l’intérêt personnel. Vie privée et vie professionnelle sont étroitement entremêlées.

Stricte hiérarchie

Travailler avec des Singapouriens ne pose en général pas trop de problèmes, à condition de respecter les codes culturels, en particulier la face et la hiérarchie. Le risque de « perdre la face » n’est pas un mythe et demande une grande finesse dans le management des équipes.

Dans cette société éminemment paternaliste, les subordonnés doivent obéissance et respect absolus à leur chef. Ils attendent de lui des décisions claires et des instructions précises. Ils ignorent le management participatif : les décisions sont prises par le patron et les ordres sont exécutés immédiatement et sans discussion. Il y a peu de place pour la créativité et l’initiative individuelle.

Les réunions de travail sont en fait des réunions d’information : la direction y fait part de ses décisions et transmet ses instructions. Il n’y a pas d’échange d’opinions, ni de débat ou de commentaires. Le manager devra cependant aider ses collaborateurs à surmonter leur peur de commettre des erreurs et la crainte de perdre ou faire perdre la face.

Notion du temps marquée par le taoïsme

À Singapour, le temps est perçu comme circulaire et flexible. Cela se traduit par une approche opportuniste pragmatique des Singapouriens au travail, avec une gestion assez élastique des deadlines.

Un environnement en changement permanent et l’incertitude de l’avenir qui en découle se traduisent par un certain attentisme. Les Singapouriens ont du mal à se projeter dans le futur et sont réticents à s’engager sur des prévisions ou des plannings. Ils attendent en général que les problèmes surviennent et préfèrent les aborder de manière empirique, plutôt que de les anticiper.

Toutefois, les Singapouriens sont des travailleurs acharnés : les horaires hebdomadaires dépassent allègrement les 44 heures officielles.

Singapour : « the Fine City » (la cité des amendes)

Singapour est certainement le pays de l’ordre, de la sécurité et de la propreté. Mais tout cela a un prix : les interdictions sont nombreuses, les policiers vigilants et les amendes douloureuses. Quelques exemples parmi beaucoup d’autres : ne pas tirer la chasse d’eau vous coûtera 100$, souffler la fumée de votre cigarette en direction de votre voisin 500$ et jeter votre chewing-gum par terre 5000$ ! »

 

Australie : comment trouver ses marques aux antipodes ?

« Grande comme 11 fois la France, l’Australie est l’un des plus grands pays de la planète. Un géant, certes, mais isolé du reste du monde et dont l’essentiel du territoire est pratiquement inhabitable. Cet environnement « hostile » pousse les Australiens à s’adapter à leur habitat et à ne compter que sur eux-mêmes : une attitude qui se retrouve dans l’environnement professionnel.

Des échanges directs et basés sur des faits

En Australie, d’une manière générale, gardez à l’esprit le vieux précepte : « mieux vaut agir que parler ». Le respect s’y obtient par l’action et les résultats, pas autrement. Gare à ceux qui auraient tendance à étaler leur savoir intellectuel, ils seront mal vus. La première des qualités d’un manager sera son expérience non ses diplômes.

Les Australiens sont directs dans leur communication avec les autres. Une caractéristique qui doit vous pousser à ne rien oublier lors de la préparation d’un contrat : ce qui n’est pas explicitement écrit ne fera pas partie du « deal ». De même, tandis qu’une négociation « à la française » peut avoir tendance à s’éterniser, la manière australienne a de quoi surprendre : rapides, abruptes, il n’est pas rare qu’elles se finalisent par téléphone ou e-mail. En affaire, n’attendez pas des Australiens qu’ils ménagent les sentiments de leurs interlocuteurs, ils n’auront pas peur de leur dire ouvertement « non ».

Management à l’australienne : trouver l’équilibre entre autonomie et indépendance

A l’inverse de l’organisation pyramidale que nous connaissons généralement en France, les structures professionnelles australiennes se caractérisent par des organisations matricielles ou par un management horizontal. La distance hiérarchique étant beaucoup plus faible en Australie, le prénom est d’usage à travers toutes les strates de l’entreprise et les employés agissent avec moins de déférence envers leurs supérieurs : un manager ne s’offusque pas d’être interrompu, voire contredit, au cours d’une réunion. Ceci n’est pas un manque de respect, c’est ainsi que cela fonctionne de Brisbane à Perth, en passant par Sidney, Melbourne et Canberra.

Le manager australien donne à ses employés la ligne générale des tâches à réaliser et se contente ensuite de superviser. Attention ! Si votre chef semble s’immiscer dans vos dossiers ou dans votre travail, c’est peut-être qu’il s’inquiète de vos performances ! Car la règle est l’autonomie des collaborateurs qui s’intègrent toutefois dans une vision collective, dans « l’effort d’équipe » que partagent les Australiens, à la hauteur de leur fascination pour le sport. Autonome, donc, mais pas indépendant. Peu de respect est accordé à ceux qui se tiennent à part : on attend de vous que vous entriez dans la mêlée et apportiez votre contribution.

Relations avec ses collègues : pas de chichi mais des rapports francs et directs

Tout le défi pour le chef d’équipe français sera donc de trouver le bon équilibre dans les relations professionnelles ; entre autonomie et supervision souple, le manager doit veiller à ne pas se retrouver à l’écart de ses collaborateurs. Inversement, une approche autoritaire est déconseillée, mieux vaut préférer une attitude de consultation des employés et ce dès le départ.

Les réunions sont très différentes des réunions « à la française ». Très animées, le langage y est généralement cru et l’humour souvent pratiqué. A l’inverse, un langage trop élaboré et diplomatique pourrait sembler suspect. L’objectif de se réunir est de définir des solutions claires et réalistes, des tâches précises et de fixer des délais à respecter.

Pour les Australiens le futur compte plus que le passé

Le rapport au temps est en effet linéaire et organisé, la ponctualité est appréciée même s’il arrive aux Australiens d’arriver en retard de quelques minutes aux réunions. Citoyens d’un pays récent, les Australiens ont un rapport beaucoup moins lourd à l’Histoire que les Français. Le futur compte bien plus que le passé.

Le rapport des Australiens au travail, à la hiérarchie et au temps diffèrent de celui des Français et peuvent causer des incompréhensions et malentendus lors d’une expatriation. Mais en matière d’interculturalité, les caractéristiques que nous évoquons sont donc à prendre dans un sens relatif, car chaque individu est différent. Le manager devra analyser son environnement de travail afin d’adapter avec succès ces quelques conseils. »